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« Où on va papa ? »

L’Apei de Périgueux

Par Christophe Magnant

« Calypso largue les amarres »

Atur, le 15 mai 2009. Cela fait trois mois que Calypso a pris la mer. Et c’est naturellement sous les embruns périgourdins qu’a débuté son inauguration officielle. A la place de la bouteille de champagne à casser sur la coque, c’est une ribambelle d’ancres réalisée par les adolescents habitants du lieu que Béatrice Abollivier, préfète de Dordogne et Jean-Louis Fournier parrain de cœur, ont coupé de concert. Car si le symbole de l’ancre colle bien à son nom, il est aussi plein de sens tant Calypso permet enfin de répondre à des besoins de stabilité et de continuité repérés depuis des années.
C’est en effet en 1998 que le besoin est clairement identifié. En 2006, après des années de négociations et d’actions menées par l’association, la première pierre est enfin posée. Deux ans après, dix adolescents polyhandicapés de 11 à 18 ans peuvent enfin vivre leur vie avec plus de sérénité.

Un lieu unique

Monsieur et Mme Delille parlent du parcours de leur fils Damien, adolescent polyhandicapé, désormais résident de Calypso.
Monsieur et M<sup class=me Delille parlent du parcours de leur fils Damien, adolescent polyhandicapé, désormais résident de Calypso." />
me Delille parlent du parcours de leur fils Damien, adolescent polyhandicapé, désormais résident de Calypso." > Afficher la vignetteme Delille parlent du parcours de leur fils Damien, adolescent polyhandicapé, désormais résident de Calypso." /> Après l’enfance et un accueil à « Aldebaran », structure d’accueil de jour dépendant de l’hôpital de Périgueux, plus de solution si ce n’est en voguant vers un autre département, comme la Gironde, la Haute-Vienne, le Lot-et-Garonne ou les Pyrénées-Atlantiques qui disposent de structures de ce type.
L’établissement répond donc à un besoin criant et permet aux jeunes de bénéficier d’une prise en charge cohérente et stable. Et pour ceux qui devront bénéficier d’un accueil en maison d’accueil spécialisée, il leur suffira de passer le porche pour regagner la MAS   d’Héliodore qui jouxte la Calypso et dirigée par Cécille Pillot qui partage avec d’autres son temps entre les deux établissements. C’est d’ailleurs une des originalités du projet : créer un nouveau lieu dédié aux ados tout en mutualisant les actions et les compétences avec un établissement déjà existant. Ainsi, certains équipements comme le prochain espace Snoezelen, pourront bénéficier aux résidents des deux structures, sans parler des échanges professionnels et de la mutualisation des démarches d’accompagnement permettant de globaliser les prestations.

Calme et volupté

Lorsque l’on parcourt les lieux, l’impression de calme et d’apaisement est papable. Les salles communes, que ce soit celle pour les familles ou celle des résidents sont sobres et lumineuses. Cette lumière est sans doute la caractéristique centrale de ce bateau vitré. Les chambres, spacieuses, donnent toutes sur la verdure environnante qui se marie naturellement avec les couleurs choisies pour les mobiliers et les murs. Bref, tout est pensé pour être agréable à vivre et fonctionnel.

A la carte

Bien sûr, l’accueil des premiers résidents ne s’est pas improvisé « comme l’explique la directrice un important travail de collaboration a été mené avec les établissements où les enfants étaient admis précédemment, ainsi qu’avec les familles. Ces moments de concertation nous ont permis, dès l’ouverture, de nous inscrire dans une continuité de prise en charge et d’éviter ainsi une rupture dans le mode d’accompagnement ». Cette continuité, ce souhait aussi de ménager les familles et d’échanger, est sans doute un élément important de la démarche de l’association.
A Calypso, cela s’est également traduit dans l’accueil proposé. L’accueil ? Non, plutôt les accueils. Parce que chaque jeune est unique, que chaque histoire familiale l’est aussi, Calypso propose divers modes de prises en charge et combine des accueils en internat, de jour ou temporaires. Un élément supplémentaire pour permettre à tous de se faire à leur nouvelle vie.
Car si le besoin des familles était criant, la séparation et le changement de vie n’en sont pas moins difficiles. Comme l’explique Cécile Pillot, « Pour les parents, la prise de distance est difficile. Le vide laissé ne peut être comblé de suite. Il faut réorganiser, repenser la vie de tous les jours qui était tellement impactée par la veille active constante, maintenant confiée pour partie aux professionnels. Le contact et les échanges sont très présents avec les parents, car le voyage se fait aussi avec eux ».

L’Apei   de Périgueux

Parc de la Visitation, rue des Thermes
24000 Périgueux
Tél. : 05 53 08 20 87 - Fax : 05 53 03 29 85.