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Un 52e Congrès de l’Unapei détonnant

Donner du sens aux changements

La qualité de l’accompagnement en jeu

Souvenons-nous, il y a 5 ans, en 2007 à Tours : Nicolas Sarkozy venait d’être élu, les élections législatives étaient attendues... et le président de la République faisait une entrée fracassante au Congrès de l’Unapei. Cinq ans et une alternance plus tard, les temps sont à plus de modestie. François Hollande, retenu sur d’autres fronts, aura envoyé pour émissaire la nouvelle ministre déléguée aux personnes handicapées, Marie-Arlette Carlotti, dont c’était la première sortie. Une ministre quelque part en sursis puisque candidate aux élections législatives à Marseille, elle met ainsi en jeu son poste de ministre.

Pas d’annonce mais une promesse de concertation

« J’ai besoin de m’imprégner de l’expérience qu’il y a ici et j’ai besoin de dire que les choses se feront en concertation », livre la ministre dans notre interview glanée entre deux stands. La ministre n’a en effet pas fait d’annonces dans son discours en réponse à la présidente de l’Unapei. Non, sa venue se voulait initiatique, impulsant une nouvelle méthode de travail : « D’abord écouter, concerter, pas d’effet d’annonces et après on décide. Et quand on décide, on agit, on fait des choses concrètes ». Parmi les chantiers prioritaires mis en avant par la ministre : la santé et surtout l’éducation. Elle a d’ailleurs promis de faire son possible pour « amener le ministre de l’Education nationale » au congrès de Marseille l’année prochaine. Avant cela, elle voulait inscrire le handicap au cœur du Sommet social prévu en juillet.

Discours Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée en charge des personnes handicapées.


52e Congrès de l’Unapei : Marie-Arlette... par Unapei


Interview Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée en charge des personnes handicapées.


Interview de Madame Marie-Arlette CARLOTTI


Télécharger le discours de la ministre.

Une présidente dans l’arène

« Pour la 52e fois de l’histoire de l’Unapei, nous célébrons l’absence du ministre de l’Education nationale à notre congrès ». C’est une des banderilles plantées par Christel Prado lors de son discours, ovationné cette année encore. Ce n’est pas la seule. Reprenant la figure de style chère au nouveau président de la République, l’anaphore, elle décline tous les « non » auxquels se heurtent encore les familles : « Non à un accueil petite enfance, non à l’école, non à la formation professionnelle, non au logement… ». Quand notre pays mettra-t-il un terme à sa crise d’adolescence, ironise-t-elle. Au cœur de ce discours, que d’aucuns jugeaient plus mature que celui de Besançon, la volonté de marquer l’esprit de la ministre avec « la spécificité de l’accompagnement des personnes déficientes intellectuelles », essentiel à l’exercice de leur pleine et entière citoyenneté. Or un accompagnement de qualité, cela commence dés l’école, où « les enfants sont empilés en CLIS   ou en ULIS », où les amendements Creton, qui permettent aux enfants rester en IME   quand ils n’ont pas de place en établissement pour adulte, empoisonnent le système… « Pour quel autre enfant proposerait-on de rester en terminale parce qu’il n’y a plus de place à l’Université ? ». Et ce paradoxe de la République : alors qu’on menace de supprimer les allocations aux familles qui n’envoient pas leur enfant à l’école, « pour nous, parents d’enfants handicapés, des allocations nous sont attribuées pour que nos enfants restent tranquillement à la maison avec nous ! ».
Etre pleinement citoyen, c’est aussi avoir accès au travail. Or « l’étranglement budgétaire des Esat   » risque de priver les travailleurs handicapés de leur rôle dans la Cité. Autre crime de lèse citoyenneté : la pauvreté des réponses aux besoins des personnes handicapées vieillissantes. Enfin, la présidente en appelle à une autre politique, affranchie des lourdeurs administratives et normatives, en prise avec les forces vives de la solidarité.
Tous ces thèmes, on les retrouve dans le rapport d’orientation, qui s’est voulu cette année « moins ambitieux », mais qui, au final, s’avère l’être quand même. Ajoutons parmi les préoccupations et actions phare : la santé des personnes handicapées mentales (la Haute autorité de santé va être interpellée par l’Unapei prochainement pour la création d’un guide de bonnes pratiques). Ce sera d’ailleurs le thème du prochain congrès à Marseille.





52e Congrès de l’Unapei : Christel Prado...




Télécharger le discours de Christel Prado.
Télécharger le Rapport d’orientation 2012/2013 de l’Unapei.




Du discours de Claudy Lebreton, en tant que président du Conseil général des Côtes d’Armor et de l’Assemblée des départements de France, il faut retenir sa volonté de voir dés que possible un groupe de travail, au sein de l’ADF, s’atteler à la question des retraites des personnes handicapées.
Voir le discours de Claudy Lebreton ainsi que ceux de Bruno Joncour, maire de Saint-Brieuc, Michel Lesage, président de Saint-Brieuc Agglomération Baie d’Armor et de Claude Laurent, président de l’Urapei   :




Convention 66 : on the road again

C’est certainement la résolution qui a fait le plus parler et qui a été adoptée avec une courte majorité (notons encore cette année les scores proches de l’unanimité pour les rapports d’activités et d’orientation : plus de 99,9 % pour l’un, 99,4 % pour l’autre) : celle concernant la refonte de la Convention 66. Que demande cette résolution au final ? Que les « syndicats employeurs engagent sans délai des négociations en vue d’aboutir à la conclusion rapide d’une révision de la convention collective soit dans le cadre de l’actuelle convention soit dans le cadre d’une convention de branche étendue ou susceptible d’être étendue. À défaut d’engager un tel processus, les associations membres de l’Unapei s’interrogeraient sur le sens de leur adhésion aux syndicats employeurs signataires de la convention collective du 15 mars 1966 ». Qu’est-ce qui se joue dans cette révision d’une des deux conventions qui gouvernent les métiers du médico-social et qui s’avère dépassée à plus d’une titre, révision sans cesse remise sur le tapis et qui aujourd’hui est en panne ? L’attractivité de toute une branche, celle justement des établissements gérés par les associations du Mouvement. Si certains, dans l’assemblée, craignaient qu’une refonte de la convention n’entraîne des charges supplémentaires pour les établissements, d’autres redoutaient avant tout une dénonciation de la convention collective, jugée d’avance comme calamiteuse pour tout le secteur. Si le ton de cette résolution en a laissé plus d’un dubitatif, chacun s’accordait à déplorer le statu quo actuel.
Les deux autres résolutions votées, plus consensuelles, concernent le coût souvent prohibitif des vacances adaptées et le financement des évaluations externes annoncées. Voici leur texte :

  • Les personnes handicapées mentales sont exposées à être privées de vacances du fait des coûts conséquents liés aux accompagnements spécifiques nécessaires. Le durcissement de la règlementation amène à un enchérissement. L’Unapei demande que les réponses réglementaires ne conduisent pas à exclure du droit aux vacances les personnes handicapées mentales.
  • À défaut d’obtenir le financement des évaluations externes, l’Unapei demande le report du délai pour les effectuer jusqu’à l’obtention du financement.

Administrateurs : entrants et sortants

Le changement, lors d’un congrès de l’Unapei, c’est aussi le changement d’élus. Pas de révolution majeure cette année mais quelques grands sortants. Jean Gabain quitte son mandat de trésorier et il eut droit à un clin d’œil : un extrait des « Tontons Flingueurs » pour symboliser son opiniâtreté quand il s’est agi de recouvrer les fonds dus à l’Union auprès de certaines associations adhérentes. Signalons aussi le départ du conseil d’administration de Bernard Roux (ancien vice-président), Jérôme Colonna, Thierry Robichon, Françoise Téhel, Marie-Françoise Junke. Laure Bonaccorsi, administratrice de Corse, a fait partie de l’émouvante séquence « Ils nous ont quittés », la présidente lui rendant un hommage tout particulier.
Il y eut un petit suspense lors de l’élection des administrateurs non représentants de région, avec cinq candidats pour quatre postes. Six nouveaux élus font leur entrée au conseil d’administration : Paul André Mazoyer (Bourgogne), Renato Castellani (Lorraine), Emmanuel Charot (PACA), Michel Borel, Christophe Lemesre et Pierre Lagier.
Les changements dans le bureau ne sont pas mineurs : Jean-Louis Baron, ancien trésorier adjoint, remplace Jean Gabain comme trésorier. Il sera secondé par Paul Gallard et Claude Valdenaire. Françoise Kbayaa remplace Benoît Tesse au poste de président adjoint et est remplacée par Marie-Christine Legros comme secrétaire générale. Aliette Gambrelle reste première vice-présidente, avec Jean-Jacques Trombert et Michel-Edouard Doucet comme vice-présidents, auxquels vient se joindre Gerhard Kowalski. Enfin, Elisabeth Chancerel devient secrétaire adjointe au côté d’Elisabeth Dusol.