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Un 54e congrès tout en labeur

Par Maud Salignat

Femmes en tribune

Sur la scène de samedi matin, la journée dédiée au travail, trois femmes dirigeantes, l’une de la ville de Nantes, la jeune maire Johanna Rolland, l’autre du secrétariat d’Etat des Personnes handicapées et de la Lutte contre l’exclusion, la toute nouvelle ministre Ségolène Neuville, et la présidente de l’Unapei, Christel Prado. Trois femmes qui n’ont pas la langue dans leur poche. Trois femmes qui ont affiché leur volontarisme pour « changer de modèle de société ». Christel Prado a bien planté quelques banderilles avec un discours qui s’est voulu resserré, mais sans porter l’estocade à une ministre fraîchement installée, qui plus est à un jour de la claque des élections européennes. Un discours marqué par une anaphore, qui n’était pas qu’une figure de rhétorique mais qui voulait frapper les esprits par l’énumération de toutes les impossibilités devant lesquelles se trouvent acculées les personnes handicapées - aller à l’école, se former, accéder à un travail ordinaire, quitter le domicile familial, avoir une vie affective, se faire soigner, trouver un lieu adapté pour passer leurs vieux jours – et rendre palpable l’impasse devant laquelle se retrouvent bon nombre de familles, contraintes à l’exil en Belgique.

Téléchargez l’Intervention de Christel Prado

C’est à un « Je vous ai compris » que s’est livrée Ségolène Neuville, jeune quarantenaire qui vient du milieu hospitalier, élue député dans les Pyrénées-Orientales en 2012. Elle a ainsi abordé bon nombre de problématiques qui inquiètent le secteur du handicap, celui du handicap mental en particulier. A commencer par l’accessibilité. Elle s’est voulue rassurante quant à la prise en compte de toutes les formes de handicap dans les futurs agendas d’accessibilité programmée. « Je veux affirmer ici une nouvelle fois que nous généraliserons dans les établissements recevant du public et dans les transports, la formation des personnels à l’accueil des personnes handicapées quel que soit leur handicap », a-t-elle revendiqué. Un engagement qui sera rapidement pris au mot puisque l’Unapei plaide pour un amendement en ce sens dans le projet de loi d’habilitation pour l’adoption par ordonnance « des mesures législatives pour la mise en accessibilité des établissements recevant du public, des transports publics, des bâtiments d’habitation et de la voirie pour les personnes handicapées ». Deuxième moment fort : Ségolène Neuville a reconnu que le nombre de places en établissements et services médico-sociaux « est insuffisant en France ». Pour résoudre ce « blocage », elle ne s’est néanmoins pas beaucoup avancée : poursuite d’un plan de création de places qui se termine bientôt, évolution du secteur médico-social vers plus de souplesse.
L’échange entre Ségolène Neuville et Christel Prado s’est finalement terminé sur un échange de " bons mots " . Le mot " usager ", puisque prêtant à confusion, ayant été proscrit du vocabulaire ‘’unapeien’’ en début de congrès par la présidente, la ministre a eu un gage (un don à Nous aussi) pour avoir failli une fois. Une ministre qui proposait d’enrichir le lexique de l’Unapei pour qualifier ces parents qui aident leurs enfants : et pourquoi pas les aimants plutôt que les aidants ?

Téléchargez l’intervention de Ségolène Neuville