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Un 51e congrès de l’Unapei exaltant

Par Maud Salignat et Christophe Magnant

L’esprit d’union était là

On s’attendait à un congrès réglé comme une montre (ou une horloge comtoise) dans la capitale du temps. Ce fut plutôt une édition qui a remis les pendules à l’heure ! Les 1 200 congressistes réunis deux jours durant à Besançon ont su se laisser déborder, chambouler même dans un même élan de cohésion. Lisez plutôt ces chiffres : 100 % d’adhésion à un rapport d’activité, un rapport d’orientation approuvé à 99,7 % ! Est-ce à dire que face aux rigueurs du temps, celles qui imposent des restrictions budgétaires aux établissements, aux associations comme aux Etats, le Mouvement se lèverait comme un seul homme. Cela en eut tout l’air...

En résistance

Il n’est qu’à se remémorer les discours de la présidente Christel Prado face aux ministres, Marie-Anne Montchamp le matin, Roselyne Bachelot à l’heure du déjeuner, des harangues aux accents de Ruy Blas (lire plus loin), de se repasser le film d’une salle exaltée, pour se convaincre que l’esprit était à l’union et à la résistance. Il faut dire que tout concourrait à influer l’humeur de ce 51e congrès de l’Unapei. Le climat local d’abord, celui qui a vu naître les penseurs utopiques Fourier et Proudhon comme le premier poète engagé Victor Hugo, celui qui a vu fleurir les coopératives laitières et le combat des Lip. Une géographie sociale que le maire de Besançon et le président du conseil général du Doubs ainsi que le Bernard Roux, le président de l’Urapei  , se sont plu à invoquer. Et puis, il y avait la date, le 18 juin, et ce « Nous devons tout faire pour préserver la richesse et la diversité et lutter contre le dogme normatif qui emprisonne l’individu et la société dans laquelle il vit » arrivait comme en écho du fameux " Appel " libérateur.

Coup de jeune

Autre signe des temps : l’afflux de parents de jeunes enfants handicapés souvent discrets lors de ces rendez-vous annuels. Avec le thème du congrès, « vie quotidienne avec son enfant handicapé mental », une invitation leur était adressée. Ils ont répondu présents puisqu’ils étaient quelque 200 ‘’jeunes parents’’ à venir témoigner de leur quotidien, réfléchir aussi et donc prendre de la distance avec la souffrance de l’annonce du handicap, le parcours du combattant que sont la recherche d’une éducation et d’un accompagnement adaptés pour leur enfant. Certains cris du cœur glanés dans les ateliers du samedi trouvaient ici, au côté de leurs aînés, une résonnance. Pendant ce temps, les enfants, handicapés ou pas, s’en donnaient à cœur joie dans la garderie spécialement affrétée pour ce congrès. Tout juste si la visite abondamment photographiée de Roselyne Bachelot les distrayait de leurs jeux.

Florilège

N’oublions pas non plus les autres temps forts et instants volés. Celui des médaillés du travail d’abord, cette année auréolés par la présence affectueuse de la ministre de la Solidarité. Celui des bénévoles primés pour leur participation active à la récolte de fonds lors de la campagne de Noël Unapei/Ivoire. Celui du discours de Caroline Verdenal, qui, en tant qu’ambassadrice de Special Olympics, illustra le dépassement de soi et de son handicap par le sport avec des gestes olympiens... Ou ces mises en bouche, les deux jours, par les percussionnistes tout en finesse de Haute-Saône, le groupe Répercussion(s). Ou les démonstrations du savoir-faire des Esat   et IMpro   sur le stand de l’Adapei   du Doubs.
Le congrès s’est clos par un long face-à-face entre experts éclairés et familles éclairantes. Une table ronde qui a fait exploser le compteur temps. Mais il en fallait, du temps, pour imaginer et tracer les contours d’une société de demain, une société qui prendrait le temps avec ses citoyens différents.