La démarche et les propositions de l’Unapei
Il y aura bientôt cinq ans, l’Unapei a créé une commission Scolarisation. Elle est présidée par Élisabeth Dusol, qui a succédé il y a un an à Christel Prado, vice-présidente de l’Unapei. Élisabeth Dusol est une femme de terrain, présidente de l’association des Papillons Blancs de Lille, où de jeunes parents vivent au quotidien les difficultés posées par la scolarisation de leur enfant. « Ce sont eux, explique-t-elle, qui m’apportent, par leurs idées, leurs revendications, leurs difficultés, et leurs expériences les éléments nécessaires pour animer cette commission. » Élisabeth Dusol répond à quelques-unes des nombreuses questions que pose ce dossier. En forme de conclusion très provisoire…
La commission Scolarisation de l’Unapei
Globalement, que pensez-vous des points de vue et propositions développés par les trois intervenants principaux du présent dossier, messieurs Buret, Beurrier et Brandon ? À travers leurs expériences différentes et au-delà de leurs quelques divergences, se dégage de leurs interventions auprès des enfants mais aussi des enseignants un thème commun : le « projet individuel ». En effet, la loi 2005 nous a apporté cet outil précieux, qui oblige tous les partenaires à se retrouver, en laissant une place à la famille dans cette évaluation. Chacun d’eux a bien souligné les points positifs et les limites de la scolarisation en milieu ordinaire telle qu’elle se construit aujourd’hui, et nous savons que c’est en restant au plus près de la demande de l’enfant ainsi que de ses capacités, que viendra son épanouissement.
À la veille de la rentrée scolaire 2009-2010, l’Unapei fait-elle elle aussi ce constat que les questions d’information et de formation des acteurs de la scolarisation, notamment au sein de l’Éducation nationale, ont bien peu évolué depuis un ou deux ans, et que tout, ou du moins beaucoup reste à faire sur ce thème ? C’est juste, et l’on bloque depuis deux ans sur les points principaux : la formation, et derrière, les moyens à installer pour faciliter la scolarisation des enfants. Les parents le disent, les AVS c’est formidable pour faciliter l’intégration, mais ils ne sont pas suffisamment formés, et les premières fins de contrat posent problème pour cette rentrée. Environ 1300 personnes sont touchées, certes, mais combien plus d’enfants tributaires de ces AVS ne pourront rester dans de bonnes conditions au sein de leur classe ! C’est un vrai problème que nous essayons de résoudre en partenariat avec les ministères concernés.
Étendre à la France entière les démarches de coopération
Partagez-vous le sentiment de Francis Buret sur le décret d’application de la loi de 2005 paru le 2 avril dernier, à savoir qu’il était nécessaire pour consolider les collaborations entre l’Éducation nationale et le secteur médico-social, mais que la façon dont il est formulé est inquiétante ? Au-delà de notre point de vue sur la façon dont ce texte a été rédigé, et Francis Buret serait sans aucun doute d’accord avec nous, l’essentiel est maintenant d’agir pour profiter au mieux des opportunités que ce décret peut concrètement ouvrir, Nous allons proposer dès la rentrée de septembre des projets de convention « type » qui vont permettre aux directeurs de les adapter chez eux avec les intervenants locaux, car c’est toujours dans la flexibilité et les partenariats que nous trouvons des bonnes solutions. Comme je le soulignais plus haut, il est important de ne pas tout bouleverser, mais de réagir dés qu’une occasion se présente d’avancer avec le milieu enseignant. Cette démarche nécessite de la part de tous les professionnels de la réactivité, l’idée étant de mettre en place de nouvelles propositions au plus près des personnes accueillies.
Des pistes de travail et quelques revendications
L’Unapei a-t-elle aujourd’hui des revendications spécifiques sur ces questions de scolarisation des enfants handicapés ? Et comment la Fédération compte-elle, dans les mois et les années qui viennent, faire avancer ce sujet aussi délicat qu’essentiel ? L’Unapei soutient les enfants qui suivent une scolarisation en milieu ordinaire, mais elle est surtout attentive à plusieurs sujets :
- une scolarisation de qualité qui respecte l’enfant, en tenant compte de ses difficultés, et de ses capacités ;
- un parcours sans heurts qui permet de réajuster rapidement les besoins en soutien, éventuellement avec un établissement médico-social, assurant ainsi une continuité dans la prise en charge au plus proche de l’enfant ;
- un débouché à la sortie de l’école, en faisant se côtoyer davantage les IMPro et les UPI.




