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Parce que le handicap mental est aussi une cause

LE MAG - Ils agissent

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Un 53e congrès décoiffant

Par Maud Salignat. Photos : Antoine Combier.

Nouveau cap pour 5 ans

« Un Projet associatif global pour se donner le pouvoir d’agir ». C’est ainsi que Christel Prado a lancé la présentation de la feuille de route pour 5 ans, le fruit d’une année de démarche collective, du diagnostic sans complaisance aux assises régionales pour débattre des grandes orientations, en passant par les phases d’enquêtes auprès des familles, des administrateurs, des salariés et des représentants des partenaires et décideurs publics... Ce document approuvé à plus de 90 % n’est pas encore un plan d’actions (il viendra dans un second temps) mais il dresse les grandes lignes du cap à tenir en inscrivant noir sur blanc les 5 orientations politiques et 5 priorités stratégiques pour le 5 années à venir.

Sans rentrer dans l’exégèse complète des 20 pages du document (qui sera prochainement mis en ligne), citons quelques orientations emblématiques. L’Unapei s’affiche résolument comme une association qui veut promouvoir l’innovation, notamment en matière d’accompagnement (en stimulant l’expérimentation de nouvelles solutions par exemple), d’évolution des établissements et services, d’autoreprésentation. Parmi les tournants : l’Union prend acte de l’arrivée dans les établissements et services du Mouvement de « nouveaux publics » et de la nécessaire mise en adéquation des statuts et des pratiques professionnelles à ces évolutions. Sont donc reconnues comme des personnes accueillies et accompagnées par les associations toutes celles « qui ont un retard global des acquisitions et une limitation des capacités adaptatives et qui ont des difficultés durables à se représenter elles-mêmes, qu’il s’agisse de déficience intellectuelle, de polyhandicap  , d’autisme  , d’infirmité motrice-cérébrale et parfois de handicap psychique ». C’est bien sûr le handicap psychique qui a soulevé les débats, certains craignant de voir là ouverte la boîte de Pandore, à savoir que les établissements du Mouvement ne deviennent la solution de repli pour des personnes handicapées psychiques pour qui il n’existe pas de solution adaptée.

Autre évolution majeure d’un projet qui met aussi l’accent sur le soutien à l’action associative et aux aidants familiaux (normal, puisque l’un des points forts du Mouvement identifiés est son identité parentale) : le recours à la collecte de fonds dans grand public pour pérenniser le modèle économique de l’Unapei. Et, puisque l’une des faiblesses pointées est l’éclatement du Mouvement, son manque de « lisibilité », une réorganisation est esquissée : 3 régions volontaires vont expérimenter une nouvelle forme de délégation pour mieux structurer le Mouvement.