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L’Adapei du Rhône

Par Maud Salignat

Pierre-de-Lune : un IME expérimental

Un « sas de décompression »
Les premiers mois de Pierre-de-Lune ont été quelque peu chaotiques. Reprise en main depuis avril par un nouveau directeur, la structure se cherche encore, mais sa rampe de lancement est désormais prête. A peine deux mois après son arrivée, Régis Cayol, qui a déjà une longue expérience comme directeur d’IME  , décrit ce qu’il y a d’innovant dans cet établissement, véritable « sas de décompression » <lien avec le son Lyon_Association_Impliquer_BlocB_Son1). Soit une alternative pour un moment donné, entre la famille ou l’IME   classique.

Aux fondations de l’IME   Pierre-de-Lune, installé provisoirement dans une ancienne maison de convalescence protestante à Saint-Cyr-au-Mont-d’or, il y avait en effet ce constat : la non réponse ou la réponse mal adaptée donnée à des enfants souffrant de graves troubles du comportement. « Inventer un lieu d’observation et d’orientation », un lieu où l’on se donne le temps et les moyens d’« apaiser des situations », un lieu à la fois éducatif et thérapeutique, tel était le défi résumé en septembre 2008 par Henri Clerc, président de l’Adapei  . Tout le projet s’est d’ailleurs construit de concert avec le secteur psychiatrique.

« On se plie aux besoins de l’enfant »
Régis Cayol parle d’une prise en charge extrêmement individualisée et séquentielle, de situations pédagogiques difficiles, de violence qu’il s’agit d’apaiser au quotidien, de la nécessité pour l’équipe éducative d’avoir « un temps d’analyse de la pratique professionnelle ».

Car c’est toute une éthique de la prise en charge de ces enfants-là qu’il s’agit de construire, un « esprit maison », dira-t-il plus tard.

« Une roue de secours »
Pierre-de-Lune intervient aussi en urgence.

L’établissement est là pour compléter une prise en charge, pour permettre à d’autres établissements de « souffler avec un gamin », mais aussi pour pallier aux besoins de familles, tout simplement.

Non sans écueils
Qui dit expérimental dit prise de risques.
Les écueils ne manquent pas à Pierre-de-Lune.

D’ores et déjà, Régis Cayol voit une déviance de taille se profiler à l’horizon : que le troisième partenaire, l’établissement de référence dont dépend l’enfant, démissionne. « Cela m’est arrivé deux fois », témoigne-t-il.

Il évoquera plus tard l’une des difficultés au quotidien dans la prise en charge de ces enfants : contenir la violence. Là encore, si l’un des partenaires fait défaut, en l’occurrence le médical, c’est difficile pour Pierre-de-Lune de trouver un équilibre confortable ou du moins tenable.

L’autisme   : une préoccupation
Nombreux sont les autres projets portés par l’Adapei   du Rhône pour répondre à cette problématique de l’autisme  , et plus largement des troubles du comportement associés au handicap mental. C’est par exemple un Foyer d’accueil médicalisé (FAM  ) à naître en 2009 au Bois d’Oingt. C’est aussi une forme inédite de FAM   de jour, planifié à Sainte-Foy-lès-Lyon, projet porté par le foyer de jour L’Orée des Balmes et qui prévoit d’accueillir en journée vingt jeunes jusque-là sans solution, et ce dès 2009 dans les locaux d’un ancien Carmel.

L’Adapei   du Rhône s’ouvre résolument vers d’autres prises en charge, en s’associant au besoin à d’autres mouvements. C’est par exemple le cas pour le foyer-résidence en construction à Tassin-la-Demi-Lune, né du partenariat Adapei  -Unafam   (Union nationale des amis et familles de malades psychiques) et qui mise sur la mixité d’une population relativement autonome.

Son

Régis Cayol, qui a déjà une longue expérience comme directeur d’IME, décrit ce qu’il y a d’innovant dans cet établissement, véritable « sas de décompression »
Régis Cayol parle d’une prise en charge
Pierre-de-Lune intervient aussi en urgence
« Cela m’est arrivé deux fois », témoigne-t-il
A voir

Le film des 60 ans de l’Adapei   du Rhône, « Une histoire de solidarité durable », en ligne sur son site. Le fil rouge de ce film de 14 minutes ? Des enfants qui peignent sur une vitre, images faisant sans doute référence à la séquence du « Mystère Picasso » de Henri-Georges Clouzot.

L’Adapei   du Rhône

Cette Adapei   accueille 2 400 personnes handicapées au sein de 43 établissements ou services, qui sont accompagnés par 1 400 professionnels. Elle vient d’être réorganisée en trois territoires (géographiques) : Lyon Ouest, Rhône Ouest et Lyon Est.

Pour en savoir plus

Notamment sur ses projets, consultez la fiche associative