Agir & soutenir

Parce que le handicap mental est aussi une cause

LE MAG - Ils agissent

Imprimer

Un 51e congrès de l’Unapei exaltant

Par Maud Salignat et Christophe Magnant

Politiquement vrai

Comme chaque année lors de son congrès, l’Unapei interpelle les pouvoirs publics.

Ce 18 juin, après une intervention, acclamée par les congressiste, destinée le matin à Marie-Anne Montchamp, secrétaire d’Etat aux Solidarités, Christel Prado, présidente de l’Unapei s’est adressée à Roselyne Bachelot, ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale.

Dix jours après la Conférence nationale du handicap, qui a laissé l’Unapei dans l’expectative, Christel Prado a rappelé à la ministre et à la secrétaire d’Etat les ambitions de l’Unapei et des familles qu’elle regroupe pour les personnes handicapées mentales. « La vie quotidienne avec un enfant handicapé mental demeure un parcours du combattant » et celle des familles dont l’enfant avance en âge aussi. La présidente de l’Unapei a ainsi demandé que les annonces faites par le gouvernement soient concrètement traduites en actes et que soient notamment apportées des réponses aux attentes suivantes : prise en compte des besoins des personnes handicapées mentales âgées, statuts et reconnaissance pour les aidants familiaux, accessibilité universelle qui prenne en compte le handicap mental, collaboration effective entre associations et écoles…

Parmi les sujets toujours en attente de prises de position et qui inquiètent fortement associations et familles : la place des associations dans la nouvelle gouvernance de l’organisation de la santé et des financements de la compensation qu’elle soit individuelle ou collective ainsi qu’en toile de fond la logique du "décideur-payeur" qui met en péril la notion même de solidarité. Autre inquiétude de taille : la circulaire budgétaire qui ne couvre même pas l’augmentation des dépenses de fonctionnement des établissements et dont la conséquence risque d’être une baisse de la qualité de l’accompagnement. « Cette politique mène au désastre : la personne est niée, sa citoyenneté bafouée, sa dignité méprisée pour servir une vision économique qui n’a jamais pu remplacer aucun idéal politique ». Les deux discours, sans langue de bois, ont été accueillis par des ‘’standing ovation’’. Reste à voir si, à l’aube des élections présidentielles, la volonté affichée par Roselyne Bachelot de prendre en compte les demandes majeures de l’Unapei se traduira dans les faits.

A télécharger