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Un 52e Congrès de l’Unapei détonnant

Prise de parole

Ouvrir la voie

François Richard ou l’incarnation de la conquête de la citoyenneté. Cet horticulteur de 31 ans, en poste à l’Esatco de Saint-Brieuc, a lancé les débats de ce congrès en racontant son parcours, professionnel d’abord, le dispositif breton Différent et compétent l’ayant aidé à s’affirmer dans son métier. Son parcours dans l’autonomie aussi, puisque ce jeune homme vit aujourd’hui dans un appartement dont il est propriétaire, qu’il est encore accompagné par un SAVS   mais se prépare à s’en affranchir. Ses conquêtes en matière de participation font de lui un cas exemplaire de citoyen actif, puisqu’il est depuis début 2012 élu au conseil d’administration de l’Adapei   22 en tant que représentant les usagers des établissements pour adultes. « L’Adapei   22 s’est engagée depuis de nombreuses années à donner la parole aux personnes handicapées mentales... Cette année, nous avons un aboutissement puisque nous avons créé deux places d’administrateurs au CA pour les personnes handicapées. Etje dois vous dire que depuis, nous n’avons que de la satisfaction de voir comment les personnes s’investissent. Ils me surprennent toujours... », lançait Jean-Yves Herviou, président de l’Adapei   22.
Surprenant, François Richard l’est à plus d’un titre, tant il s’exprime aisément sur son « chemin », sur son rôle de passeur et de porte-parole, sur le vif sentiment de solidarité qui l’anime vis à vis de ses collègues.


Interview de François Richard, ouvrier à... par Unapei

La citoyenneté en atelier

Après « La vie quotidienne avec son enfant handicapé mental » en 2011, « La citoyenneté des personnes handicapées mentales » a été au cœur du congrès 2012. Le thème s’est décliné autour de différents ateliers et tables-rondes, qui ont vu la participation active des personnes handicapées elles-mêmes, qu’elles soient membres de « Nous aussi », leur association, ou actrices d’espaces citoyens tels que ceux animés par la Permanence du Jard dans la Marne.
La participation, cela commence dés l’école, nous disait l’atelier n°3 qui fut introduit par un petit film amateur « Heureux qui comme ULIS ». Où l’on voyait comment à l’intérieur d’une école, « on peut être citoyen ». Ce sont les élèves d’ULIS qui vont lire des histoires en maternelle ou offrent un spectacle aux primaires, des élèves du collège qui aident les élèves d’ULIS pendant leurs études dirigées... Etre citoyen, c’est aussi « s’autoriser àà les laisser grandir », à savoir, pour les professionnels, ne pas pécher par excès de zèle et de protection, témoignait ce directeur d’Esat  , intervenant de l’atelier n°4. Etre citoyen, c’est pouvoir voter par exemple, ce qui est désormais plus évident avec la réforme de la protection juridique. Reste que des questions se posent par rapport à la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées : et s’il fallait œuvrer pour que protection juridique soit plus synonyme d’accompagnement que de représentation ? Les intervenants de l’atelier n°2 se posaient la question. Etre citoyen tout en vivant en établissement, c’est possible. Dans l’atelier n°5, nombre de parents témoignaient de la prise d’autonomie de leur enfant polyhandicapé et ce grâce à leur entrée en foyer. Etre citoyen, c’est aussi prendre la parole, et l’atelier n°1 a vu les personnes handicapées s’exprimer pour témoigner de leurs difficultés à faire entendre leur voix, leurs droits.
En point d’orgue, les deux tables-rondes finales ont mis l’accent sur le rôle de l’autoreprésentation et sur l’enjeu de l’accessibilité.

A paraître d’ici la fin de l’année, une restitution des différents travaux.