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Parce que le handicap mental est aussi une cause

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Quand parents et professionnels travaillent ensemble pour inventer l’avenir

L’Adapei du Rhône

Par Maud Salignat

Sensibiliser pour mieux scolariser

A l’Adapei   du Rhône, la commission qui est en charge de la scolarisation a été baptisée « scolarisation et sensibilisation ». Un nom qui parle de lui-même. Parce que ces parents ne veulent pas être des militants du « tout école », parce qu’ils voient leur rôle autrement, ils mènent une vraie croisade dans les écoles, les collèges, les centres sociaux, auprès des enseignants relais, des AVS   et EVS... pour sensibiliser au handicap mental tous les acteurs de la scolarisation. Bref, ce sont de vrais hussards de la différence !

Ce que disent ces « hussards de la différence »
Montrer, raconter la réalité, le quotidien de ces enfants handicapés, que ce soit en CLIS  , en UPI  , en IME  , ou en famille, c’est être à même d’abattre bien des barrières, de vaincre bien des peurs...

Que viennent dire ces mères et ce père (un seul homme parmi les 25 membres de la commission) aux enfants, aux adolescents ? Que ces enfants ont droit au respect, qu’ils sont plus vulnérables mais que cela ne leur interdit pas d’avoir des joies, des activités, des préoccupations d’enfants de leur âge. Que le handicap mental est un monde vaste et pluriel.

« Pour beaucoup, le handicap est synonyme de fauteuil roulant. Les enfants ont beaucoup plus de mal à appréhender le handicap mental », raconte Nathalie Reynaud, mère d’un enfant autiste de 16 ans, une des ces mères très actives qui ont fait de ces interventions un travail quasiment à plein temps. Les questions qui reviennent souvent ? « Votre enfant, vous l’aimez autant que les autres ? Est-ce que votre enfant est heureux ? ».

Agir pour que la société change
Bien sûr, derrière ces interventions, il y a la conviction d’œuvrer en sous-main pour un profond changement de société. Que le regard sur la personne handicapée mentale ne soit plus teinté d’appréhension voire de rejet une fois que cette différence-là sera apprivoisée. Vaste mission que Nathalie Reynaud évoque avec cœur. Pour s’aider, ces parents « sensibilisateurs » ont une valisette, riche de mille et un supports choisis avec Une Souris verte, une association spécialisée dans la petite enfance

Que leur scolarisation se passe le mieux possible
L’école est essentielle à un enfant handicapé, ne serait-ce que pour la socialisation qu’elle apporte. Pour cela, il est important de préparer l’école ou le collège qui vont accueillir un ou des enfants handicapés mentaux. Tel est le premier message de Nathalie Reynaud.

Vers un changement de regard
Quand parler du handicap, c’est parler de la différence...
Peu formés, les enseignants sont déboussolés. « Il faut les aider en leur disant qu’il n’y a pas de méthode miracle », explique encore Nathalie Reynaud.

Un film raconte le quotidien des enfants différents
Dans leur mallette pédagogique, ces parents ont rajouté une pièce personnelle : une vidéo (que vous pouvez découvrir ci-contre). Elle a été tournée en CLIS  , dans les IME  , dans les familles pour montrer le quotidien de ces enfants différents quand ils ne sont pas dans une école.

« Il faut que les choses se décloisonnent »
« Nous ne sommes pas des militants de la scolarisation à tout prix », rapporte Nathalie Reynaud, membre d’une commission où tous les membres n’ont pas, comme elle, un enfant encore scolarisé. Tous les enfants handicapés ne pourront pas intégrer l’école à temps complet, certes, mais il s’agit de rapprocher les mondes, de décloisonner enseignement ordinaire et spécialisé.

Le site de l’association Une Souris verte

Son

il est important de préparer l’école ou le collège qui vont accueillir un ou des enfants handicapés mentaux

Nathalie Raynaud, mère d’un enfant autiste, explique pourquoi il est important de préparer les écoles et lycées à la scolarisation des enfants handicapés mentaux.


Il faut les aider en leur disant qu’il n’y a pas de méthode miracle

« Il faut aider les enseignant », explique-t-elle encore.


montrer le quotidien de ces enfants différents quand ils ne sont pas dans une école

Elle parle du film réalisé pour cette sensibilisation.


Nous ne sommes pas des militants de la scolarisation à tout prix

Nathalie Raynaud explique qu’elle et les acteurs de l’Adapei du Rhône ne sont « pas des militants de la scolarisation à tout prix ».


A voir

Le film des 60 ans de l’Adapei   du Rhône, « Une histoire de solidarité durable », en ligne sur son site. Le fil rouge de ce film de 14 minutes ? Des enfants qui peignent sur une vitre, images faisant sans doute référence à la séquence du « Mystère Picasso » de Henri-Georges Clouzot.

L’Adapei   du Rhône

Cette Adapei   accueille 2 400 personnes handicapées au sein de 43 établissements ou services, qui sont accompagnés par 1 400 professionnels. Elle vient d’être réorganisée en trois territoires (géographiques) : Lyon Ouest, Rhône Ouest et Lyon Est.

Pour en savoir plus

Notamment sur ses projets, consultez la fiche associative