Ce projet européen, financé par le programme "Education et Formation Tout au Long de la Vie", visait à mutualiser les expériences et les approches innovantes qui se développent en Europe en matière d’éducation inclusive(*) et impulser la création d’un réseau européen de veille et d’échanges sur ces pratiques.
Ainsi, l’Unapei et ses partenaires européens (Italie, Angleterre, Islande Roumanie) ont recensé, au moyen de visites d’études dans chacun de ces pays, les freins et les facilitateurs à l’inclusion scolaire. L’un des points forts de ce projet est qu’il a réuni des professionnels, des familles et des personnes en situation de handicap (des personnes handicapées physiques et des personnes handicapées mentales) de chaque pays partenaires. Résultat immédiat : la production d’outils (à télécharger ci-contre), actuellement en Anglais mais prochainement traduits et adaptés au contexte français. La délégation française de ce projet composée d’associations locales de l’Unapei, de l’association Nous aussi et de l’APF y travaille. Ils pourront ainsi servir, ensemble ou séparément, à la formation ou sensibilisation à l’éducation des jeunes en situation de handicap auprès du grand public, des professionnels du médico-social comme de l’éducation nationale et des familles. En attendant, les anglophones peuvent déjà en prendre connaissance.
(*) L’éducation inclusive, qu’est-ce que c’est ? Contrairement à la logique d’intégration qui veut que ce soit à l’enfant de s’adapter à l’école pour y être accueilli, l’inclusion implique que l’école s’adapte aux besoins de l’enfant afin de l’accueillir au mieux et de ne pas lui fermer ses portes. Donc promouvoir l’éducation inclusive en Europe c’est : promouvoir une école ouverte à tous qui s’adapte aux enfants quels que soient leurs difficultés et besoins, une école capable de développer les compétences de chacun.
Témoignages de participants
Cédric-jeune homme handicapé mental membre de la délégation de Nous Aussi à Lens : "Moi je ne suis jamais allé à l’école ordinaire (ou tout petit donc je ne m’en souviens pas) donc j’étais très content de pouvoir travailler sur « l’éducation inclusive » avec des parents, des professionnels d’autres personnes handicapées de pays différents. J’ai beaucoup aimé les visites d’écoles car j’ai pu y rencontrer les jeunes. Je leur ai posé des questions et ils m’ont expliqué comment ça se passe pour eux, ce qu’ils aiment et ce qu’ils n’aiment pas dans leur école et surtout pourquoi ils s’y sentent bien et sont contents d’y être. Le témoignage de deux jeunes filles handicapées françaises qui racontaient leur expérience au collège m’a même donné envie d’y aller même si aujourd’hui je suis trop vieux pour m’y inscrire. Grâce à ce projet je suis allé dans un collège près de chez moi parlé aux collégiens et à leur professeur du handicap mental et de l’éducation inclusive. J’ai été très bien accueilli et écouté par tout le monde. J’espère pouvoir continuer à faire ça dans d’autres écoles parce que je pense que c’est très important et que l’éducation inclusive permet aux personnes handicapées d’être mieux intégrées dans la société.
Annick- maman d’une petite fille trisomique de 7 ans et enseignante dans une école ordinaire : Ma participation à ce projet m’a permis sur le plan personnel d’avoir des perspectives d’avenir scolaire différentes pour ma fille. Je suis maintenant persuadée qu’avec les aménagements nécessaires, elle a sa place à l’école parmi les autres. A nous parents et à l’école de mettre en place les adaptations pour rendre possible cette scolarisation. Sur le plan professionnel, en tant qu’enseignante j’ai été amenée à partager mon expérience de l’éducation inclusive en Europe avec mes collègues. Peu à peu, les mentalités changent. Des enfants ont pu être intégrés à l’école. Je souhaite d’ailleurs me proposer auprès de mon inspecteur pour animer les conférences pédagogiques qui réunissent les enseignants sur des temps de concertation. Notre rôle aujourd’hui est, je pense, de semer nos connaissances et nos expériences autour de nous. De faire germer chez les autres l’idée que l’inclusion est possible !





