Le statut juridique des ESAT
Les ESAT offrent à ces travailleurs des possibilités d’activités diverses à caractère professionnel, ainsi qu’un soutien médico-social et éducatif, en vue de favoriser leur épanouissement personnel et social.
Publié le 16 juin 2006, le décret relatif aux règles d’admission, de rémunération et au statut des travailleurs handicapés d’ESAT vient compléter la loi de 2005.
Références légales
Articles L. 344-2, L. 344-2-1 et D.311 du code de l’action sociale et des familles définissant les missions des établissements et services d’aide par le travail.
Orientation et admission en ESAT
Seules les personnes handicapées dont la capacité de travail est estimée inférieure au 1/3 de la capacité de travail d’une personne valide pourra être orientée vers un ESAT, exception faite des personnes handicapées dont la capacité de travail est supérieure au 1/3 mais qui nécessitent néanmoins un ou des soutiens éducatifs, sociaux ou médicaux dispensés en ESAT.
L’admission d’un travailleur handicapé en ESAT est prononcée par le directeur de l’établissement au regard de la décision d’orientation de la CDAPH. Cette décision s’impose à tout établissement ou service dans la limite de la spécialité au titre de laquelle il a été autorisé et de sa capacité d’accueil.
La période d’essai
Elle peut être interrompue de manière anticipée par la CDAPH à la demande de la personne handicapée ou de la direction de l’établissement.
La personne handicapée perçoit sa rémunération garantie durant cette période d’essai.
Références légales :
Articles R. 243-2 et R. 243-3 du CASF.
La suspension et l’exclusion
L’établissement ou le service devra attendre que la commission se prononce en faveur ou non d’une nouvelle orientation vers un autre type d’établissement ou service avant toute interruption de la prise en charge. En effet, il ne peut pas mettre fin, de sa propre initiative, à l’accompagnement d’une personne handicapée sans décision préalable de la commission. Cette dernière est la seule à décider qu’une personne handicapée relève encore ou non du type de structure dans laquelle elle l’a initialement orientée. Si l’établissement ou le service saisit la CDAPH d’une demande de révision de la décision d’orientation, la personne handicapée et, le cas échéant, son représentant légal doivent impérativement en être informés.
Cette suspension ne peut avoir pour conséquence de priver la personne handicapée de son accueil en structure d’hébergement. La rémunération garantie est due pendant toute la période d’instruction par la CDAPH de la demande de suspension.
La rémunération garantie
- d’une part versée directement par l’ESAT sur son budget commercial ;
- d’une part versée par l’Etat au titre de l’aide au poste.
La rémunération garantie est maintenue par l’ESAT durant les absences pour arrêt maladie (principe de subrogation). Son maintien sera possible après transmission de l’arrêt maladie à l’ESAT. Un délai de carence de trois jours sera observé.
L’ESAT peut consacrer une partie de son excédent d’exploitation au paiement d’une prime d’intéressement aux travailleurs handicapés. Le montant de cette prime est limité à un plafond égal à 10% du montant total annuel de la part de rémunération garantie, directement financée par l’ESAT.
Cette prime n’est pas prise en compte dans le calcul de l’AAH, ce qui garantit un revenu net réel pour le travailleur handicapé.
Références légales
Articles R. 243-5, 6, 7, 9 et 10 du CASF.
Les congés annuels
Ainsi, chaque travailleur handicapé cumule deux jours et demi ouvrables par mois d’accueil en établissement ou service d’aide par le travail, la durée totale ne pouvant excéder 30 jours ouvrables.
Ces congés ouvrent droit à la rémunération garantie.
Il est prévu, par ailleurs, que les 30 jours ouvrables de congés annuels peuvent être augmentés de trois jours mobiles dont l’attribution est laissée à l’appréciation du directeur de l’ESAT.
Références légales
Article R. 243-11 du CASF.
Les autres congés et absences
Pour événements familiaux
Sur justificatif et à l’occasion d’évènements familiaux, tout travailleur handicapé d’un ESAT peut prétendre aux autorisations d’absences exceptionnelles suivantes : quatre jours pour le mariage du travailleur ; trois jours pour chaque naissance survenue à son foyer ou pour l’arrivée d’un enfant en vue de son adoption ; deux jours pour le décès d’un enfant, d’un conjoint, d’un concubin ou de la personne avec laquelle il aura conclu un PACS ; un jour pour le mariage d’un enfant, pour le décès du père, de la mère, du beau-père, d’un frère ou d’une sœur.
Et deux autres congés…
- Les congés liés à la maternité et à l’éducation des enfants ;
- les congés de solidarité familiale.




