Comment définir la maltraitance ?
La définition du Conseil de l’Europe
Le Conseil de l’Europe définit cette violence très particulière qu’est la maltraitance comme « tout acte ou omission commis par une personne, s’il porte atteinte à la vie, à l’intégrité d’une autre personne ou compromet gravement le développement de sa personnalité et/ou nuit à sa sécurité financière ».
Différents types de violence
Le Conseil de l’Europe a mené plusieurs travaux pour caractériser les différents types de violence qui participent de la maltraitance :
- Violences physiques : coups, brûlures, ligotages, soins brusques sans information ou préparation, non satisfaction des demandes pour des besoins physiologiques, violences sexuelles, meurtres (dont euthanasie)…
- Violences psychiques ou morales : langage irrespectueux ou dévalorisant, absence de considération, chantage, abus d’autorité, comportements d’infantilisation, non respect de l’intimité, injonctions paradoxales…
- Violences matérielles et financières : vols, exigence de pourboires, escroqueries diverses, locaux inadaptés…
- Violences médicales ou médicamenteuses : manque de soins de base, non information sur les traitements ou les soins, abus de traitements sédatifs ou neuroleptiques, défaut de soins de rééducation, non prise en compte de la douleur…
- Privation ou violation de droits : limitation de la liberté de la personne, privation de l’exercice des droits civiques, d’une pratique religieuse…
- Négligences actives : toutes formes de sévices, abus, abandons, manquements pratiqués avec la conscience de nuire.
- Négligences passives : négligences relevant de l’ignorance, de l’inattention de l’entourage.
Comprendre la maltraitance
Une question de personnes
Selon le docteur Roger Salbreux, pédopsychiatre, neuropsychiatre, conseiller médical et scientifique auprès de l’Unapei, la maltraitance se caractérise d’abord par ses victimes : « La maltraitance, dans son ensemble, est plutôt subie par des personnes vulnérables : des enfants, des personnes handicapées ou âgées ». Mais ensuite, le paradoxe, c’est que « les acteurs de la maltraitance ont souvent été eux-mêmes maltraités ».
Premières victimes : les personnes handicapées mentales
Le docteur Roger Salbreux dresse un constat qui à lui seul justifie l’action : « Chez les personnes handicapées mentales, même très profondes, la fréquence de la maltraitance est de trois à cinq fois plus élevée par rapport à la population générale, aussi bien en famille qu’en institution. »





