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Les personnes handicapées mentales de plus de 60 ans et le minimum vieillesse

Soixante ans correspond en quelque sorte à l'âge légal de la retraite des personnes handicapées mentales. Cette étape qui marque un tournant dans la vie privée de toute personne, signifie bien souvent pour les personnes déficientes intellectuelles, le remplacement de leur AAH par les allocations constitutives du minimum vieillesse.

Les personnes handicapées mentales de plus de 60 ans et le minimum vieillesse

 

Les droits aux allocations constitutives du Minimum Vieillesse des personnes handicapées n’ayant jamais travaillé

Les droits aux allocations constitutives du Minimum Vieillesse des personnes handicapées ayant travaillé 

 

 

 

Soixante ans correspond en quelque sorte à l’âge légal de la retraite des personnes handicapées mentales. Cette étape, qui marque un tournant dans la vie privée de toute personne, signifie également une modification de ses ressources…

Il en est de même pour les personnes handicapées, en particulier pour celles percevant une Allocation aux Adultes Handicapées (A.A.H.) avant leurs soixante ans. Elles doivent alors demander à bénéficier des avantages vieillesse auxquels elles peuvent prétendre. Cette procédure est exigée en raison du caractère " subsidiaire " de l’A.A.H, en vertu duquel une personne qui peut prétendre à une autre prestation doit d’abord faire valoir ses droits à cet avantage avant de demander à bénéficier de l’A.A.H.

A 60 ans, les personnes handicapées perçoivent donc de nouvelles prestations qui doivent leur permettre de bénéficier d’un minimum de ressources garanti, correspondant au montant du Minimum Vieillesse (610,29 euros/mois pour une personne seule, soit le même montant que l’AAH à taux plein).

Cependant, dans certains cas, une A.A.H. différentielle peut être maintenue.

Les ressources des personnes handicapées atteignant cet âge varient suivant le parcours professionnel que ces personnes ont pu ou non suivre au cours de leur vie. Ainsi, la situation des personnes handicapées qui ont travaillé et qui ont suffisamment cotisé pour pouvoir bénéficier d'une retraite est différente de celle qui n’ont jamais travaillé.

Remarque: cette barrière des 60 ans est la conséquence du caractère subsidiaire de l'AAH et du fait que les bénéficiaires de cette allocation sont présumés inaptes au travail à cet âge. Cela ne signifie pas pour autant que les travailleurs handicapés soient contraints de mettre fin à leur activité professionnelle à cet âge. Ils peuvent continuer à travailler, y compris en ESAT, passé cet âge. Cependant, quel que soit leur choix, l'arrivée à 60 ans entraîne des démarches administratives liées au régime particulier de leurs ressources.

Les droits aux allocations constitutives du Minimum Vieillesse des personnes handicapées n’ayant jamais travaillé

Les personnes handicapées bénéficiaires de l'AAH sont présumées inaptes au travail dès 60 ans, et peuvent de ce fait bénéficier des allocations constitutives du minimum vieillesse dès cet âge.

La personne qui n’a jamais travaillé et qui n’est par conséquent pas bénéficiaire d’une retraite de l’assurance vieillesse,  peut percevoir l’Allocation Spéciale de Vieillesse. Son montant est de 250,78 euros/mois. Elle est attribuée lorsque les revenus du demandeur ne dépassent pas un plafond de ressources annuelles de
7 500,53 euros pour une personne seule.

Cette même personne peut percevoir, en complément de cette allocation spéciale de vieillesse,  l’Allocation Supplémentaire du Fonds de Solidarité Vieillesse (F.S.V) (au montant maximum de 359,50 euros par mois pour une personne seule).

Ainsi, le minimum de ressources garanti est atteint, soit 610, 29 euros/mois (montant du minimum vieillesse).

A noter: cette allocation supplémentaire du FSV est récupérable sur la succession de l'allocataire, sur la fraction de l'actif net successoral supérieure à 39 000 euros, ce, quelle que soit la qualité de ses héritiers.

Remarque: lorsque le montant cumulé des avantages de vieillesse accordés est d’un montant inférieur à celui de l’A.A.H (en raison des conditions relativement rigoureuses d'appréciation des ressources pour l'attribution des allocations du minimum vieillesse), une A.A.H. différentielle peut être versée (dans la limite du montant global de l’A.A.H.) à condition que la personne ait un taux d’incapacité d’au moins 80%.  Les personnes dont le taux d'incapacité est inférieur à 80 % ne peuvent, en tout état de cause, percevoir l'AAH après 60 ans.

 

Comment demander ces allocations?

Pour bénéficier de l’Allocation Spéciale de Vieillesse, le demandeur doit s'adresser à la mairie de sa commune de résidence ou au CCAS. Une fois le dossier dûment complété, celui-ci est adressé par la mairie au service de l' allocation vieillesse qui décide de l'attribution et du montant de l'allocation. Elle est versée par la Caisse des dépôts et consignation à terme échu, le 1er de chaque mois.

Pour percevoir l’Allocation Supplémentaire du Fonds de Solidarité Vieillesse, il est nécessaire de remplir un formulaire délivré en mairie ou dans les caisses chargées de l'assurance vieillesse (ex: CRAM). Ce formulaire doit par la suite être transmis au service débiteur de l’avantage vieillesse dont bénéficie déjà la personne.

 

Les droits aux allocations constitutives du Minimum Vieillesse des personnes handicapées ayant travaillé

Toute personne handicapée peut choisir ou non de prendre sa retraite à 60 ans, âge auquel elle est réputée inapte au travail pour l'accès aux avantages de vieillesse. Il semble qu'un certain nombre de personnes handicapées mentales ayant travaillé ne disposent que de faibles pensions de retraite, qui ne leurs permettent pas forcément d'atteindre le montant du minimum vieillesse. Depuis la Loi de Finances pour 1999, les personnes handicapées bénéficiaires de l'AAH sont présumées inaptes au travail dès l'âge de 60 ans, et peuvent par conséquent, dès cet âge, quel que soit leur taux d'incapacité, percevoir les allocations constitutives du minimum vieillesse, sous réserve de leurs conditions d'attribution.

Lorsqu'elle a décidé de mettre fin à son activité professionnelle, la personne handicapée bénéficie de sa retraite, dite de base (calculée en fonction des trimestres cotisés à un régime d’assurance vieillesse), et d’une retraite complémentaire, qui est obligatoire.

Si le cumul de ces deux prestations n'atteint pas un certain plafond, qui correspond au montant de l’Allocation aux Vieux travailleurs Salariés (A.V.T.S.), de 250,78 euros /mois pour une personne seule, la personne peut obtenir une majoration de sa pension.

Aussi, le cumul de ces diverses prestations (retraite de base, retraite complémentaire, majoration complémentaire) permettra à la personne handicapée d’atteindre le montant de l’A.V.T.S., soit 250,78 euros/ mois.

Or, toute personne âgée doit bénéficier d’un minimum de ressources garanti, correspondant au montant du Minimum Vieillesse, d’un montant de 610,29 euros/mois. Pour atteindre ce minimum, la personne handicapée peut percevoir l’Allocation Supplémentaire du Fonds de Solidarité Vieillesse (F.S.V.), dont le montant maximum est de 359,50 euros/mois (pour une personne seule).

Ainsi, le montant de la retraite + la retraite complémentaire + l’allocation complémentaire + l’allocation supplémentaire est de 610,29 euros/mois.

A noter: cette allocation supplémentaire du FSV est récupérable sur la succession de l'allocataire, sur la fraction de l'actif net successoral supérieure à 39 000 euros, ce, quelle que soit la qualité de ses héritiers.

Précisions:

Dans certains cas spécifiques, les personnes handicapées dont le taux d'incapacité est d'au moins 80 %, peuvent bénéficier d'une A.A.H. différentielle. 

Sur le cas particulier des travailleurs souhaitant poursuivre leur activité professionnelle après 60 ans:

Pour les travailleurs relevant du milieu ordinaire de travail et d'entreprises adaptées: (rappel: l'AAH ne peut éventuellement continuer à être versée après 60 ans que pour les personnes dont le taux d'incapacité est au moins égal à 80 %). Les allocataires de l'AAH ne peuvent continuer à en bénéficier qu'à la condition de demander la liquidation de leur pension de vieillesse (dans ce cas, d'après nos informations, celle-ci est rejetée pour cause d'absence de cessation d'activité. Cependant la notification de rejet est considérée comme valant respect du principe de subsidiarité de l'AAH, ce qui permet la poursuite de son attribution au travailleur).

Pour les travailleurs en ESAT: (rappel: l'AAH ne peut éventuellement continuer à être versée après 60 ans qu'aux personnes dont le taux d'incapacité est d'au moins 80 %). Deux possibilités s'offrent à eux: soit ils ne demandent pas la liquidation de leur pension de vieillesse afin d'obtenir, lorsqu'ils cesseront leur activité, un avantage de vieillesse calculé sur la totalité des périodes travaillées (dans la limite maximale de leurs droits à une pension pleine). Dans ce cas, le principe de subsidiarité de l'AAH n'est pas respecté et ils perdent leurs droits à celle-ci. Soit ils demandent la liquidation de leur pension de vieillesse. Les travailleurs en ESAT étant exclus du dispositif limitant les possibilités de cumul d'un emploi et d'une retraite (puisqu'ils ne sont pas considérés comme étant titulaires d'un emploi), ils peuvent alors cumuler la rémunération de leur travail et leur pension de retraite. Ils peuvent en outre et en théorie, éventuellement percevoir une AAH différentielle.

 

 

Comment demander ces allocations?

Pour toute information, s'adresser aux services vieillesse de la Caisse Régionale d'Assurance Maladie du domicile.

ne demande d’A.V.T.S. doit être présentée sur un imprimé disponible auprès de la Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse des Travailleurs Salariés (C.N.A.V.T.S.) ou des Directions Régionales des Affaires Sanitaires et Sociales (D.R.A.S.S.). Elle sera adressée à la caisse chargée de la liquidation de la retraite.

La demande de majoration complémentaire doit être adressée à la caisse qui sert la retraite de base. Pour percevoir l’allocation supplémentaire, il est nécessaire de remplir un formulaire délivré en mairie, qui sera par la suite transmis au service débiteur de l’avantage vieillesse dont bénéficie déjà la personne.

 



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