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Rentrée 2008 : L’enquête Unapei-Ipsos

Publié le 24/08/2008

Rentrée 2008 : L’enquête Unapei-Ipsos, sur la « scolarisation des enfants handicapés mentaux » réalisée auprès des enseignants du primaire, interpelle les médias. 86% des enseignants se disent prêts à accueillir des enfants handicapés mentaux. Cette déclaration positive ne masque pas les difficultés. Les enseignants dénoncent eux-mêmes les lacunes de leur institution : sensibilisation, information, formations adéquates, les besoins sont là, les attentes aussi…


L’Unapei, avec le soutien des centres E. Leclerc, a confié à Ipsos la réalisation d’une enquête auprès d’un échantillon représentatif de 608 enseignants dont : 404 travaillant dans des milieux scolaires primaires ordinaires, 102 enseignants en Classes d’Intégration Scolaire (CLIS)  et 102 enseignants référents. 

Ils ont été interrogés par téléphone du 16 juin au 5 juillet 2008.

 

Les Chiffres clés de l’enquête en 5 points

1. Les enseignants se disent massivement prêts à accueillir des enfants en situation de  handicap mental

- 86% des enseignants, non spécialisés, ont le sentiment qu’il serait aujourd’hui possible d’accueillir des enfants ayant un handicap mental au sein de leur école.

- 63% des enseignants ayant déjà accueilli des enfants handicapés considèrent qu’un élève handicapé mental pourrait intégrer leur établissement, sans conditions.

- Pourtant, seulement 26% des enseignants non spécialisés de l’école primaire ont déjà accueilli un enfant handicapé mental au cours de ces trois dernières années.

2. Les enseignants souhaitent s’impliquer dans le processus d’intégration

- 94% des enseignants généralistes ont déjà sensibilisé leurs élèves au handicap mental (44%) ou ont la volonté de le faire (50%).

- La majorité (51%) des enseignants n’ayant jamais reçu d’enfants handicapés estime qu’une meilleure information est essentielle, et pas simplement importante (43%).

-  Ceux qui ont déjà eu l’expérience d’accueillir un enfant différent dans leur classe se sentent soutenus par leur équipe pédagogique, pour 88% des enseignants du primaire ordinaire et 77% des enseignants en CLIS.

3. Combler les lacunes en information et en formation, la clé de la réussite

-  En dehors des moyens humains (cités à 75% par les enseignants généralistes), le manque de formation et d’information sur l’accueil d’enfants handicapés constitue l’une des principales difficultés et le premier besoin mis en avant.

- 94% des enseignants sans expérience du handicap mental s’estiment ne pas être préparés pour l’accueil d’un enfant différent.

- 87%  des enseignants généralistes et 27% des enseignants spécialisés déclarent ne pas du tout avoir reçu de formation spécifique au handicap mental.

- 87% des enseignants du primaire ordinaire et 66% des enseignants en CLIS sont d’accord pour dire que les formations qu’ils ont reçues sont insuffisantes.

- Selon 65% des enseignants ayant déjà accueilli un enfant handicapé mental, les AVS (auxiliaires de vie) ne sont pas assez formés, même si leur aide est jugée satisfaisante (82%).

4. Des liens à tisser, des compétences à partager entre l’Education nationale et le secteur médico-social

- Plus de 80% des enseignants voudraient confronter plus souvent leurs expériences de l’accueil d’un enfant handicapé mental avec d’autres enseignants.

- Près de 80% d’entre eux souhaiteraient rencontrer des enseignants spécialisés intervenant en établissements ou en services médico-sociaux.

- 73% affichent la volonté de rencontrer et discuter avec les associations représentant les personnes ayant un handicap mental.

5. Les enseignants référents : au cœur du dispositif mais avec des moyens limités

- Les enseignants référents comprennent les difficultés des autres enseignants : 85% pensent que le manque d’information et de formation sur l’accueil des enfants handicapés dans une classe ordinaire est la principale difficulté rencontrée par les enseignants.

- Près de 7 enseignants référents sur 10 considèrent qu’ils ne peuvent pas actuellement suivre les enfants tels qu’ils devraient l’être (68%).

 Télécharger l’enquête complète

 

L’enquête Unapei/Ipsos met en avant le manque d’information des enseignants, la nécessité pour eux d’avoir des outils pédagogiques comme la volonté de sensibiliser leurs élèves au handicap mental.

L’Unapei a développé en 2006, un site internet « l’ecole ensemble », dont le but est d’informer les enseignants, en apportant des réponses pratiques aux questions qu’ils se posent et des contenus pédagogiques pour sensibiliser les élèves au handicap mental.

Les enseignants peuvent y commander gratuitement le DVD et accéder à la liste des associations de l’Unapei volontaires pour travailler avec eux.

DVD Ecolensemble

Pour en savoir plus sur lecoleensemble

 


Les revendications de l’Unapei

Action 1 : former les enseignants au handicap

Aujourd’hui • Il y a un réel déficit de formation des enseignants aux réalités du handicap. Le module proposé dans les instituts de formation des maîtres, quand il existe, reste facultatif et ne fait l’objet d’aucune évaluation. La formation des enseignants spécialisés est plus complète, mais de nombreux postes sont encore assurés par des professeurs non formés.

Demain • Généraliser une formation au handicap et la rendre obligatoire pour tous les enseignants afin qu’ils soient correctement informés et préparés à l’accueil d’un enfant handicapé. L’Unapei demande au Ministère de l’éducation nationale de permettre aux associations d’intervenir dans ces formations et d’instituer ce principe.

 

Action 2 : permettre aux enseignants référents d’assumer leur mission

Aujourd’hui • Les enseignants référents sont trop peu nombreux, la charge de certains d’entre eux est insurmontable.

Demain • Le nombre d’enseignants référents doit être revu à la hausse en fonction des besoins locaux. Leur formation doit être réelle et ils doivent disposer des moyens pour assumer leur mission.

 

Action 3 : former les auxiliaires de vie scolaire (AVS) et augmenter leur nombre

Aujourd’hui • De nombreux enfants se voient refuser leur entrée à l’école faute d’AVS, alors même qu’une décision positive leur a été donnée par la commission des droits et de l’autonomie. La difficulté de recrutement des AVS explique en grande partie leur nombre insuffisant. L’augmentation du nombre d’AVS pose des problèmes dus en particulier aux difficultés de recrutement. L’attractivité des postes est faible, faute de perspectives offertes et en raison du statut proposé, généralement des emplois à temps partiel, et une rémunération inférieure au salaire minimum.

Demain • L’Unapei a signé avec le Ministère de l’éducation nationale une convention qui permet à ses associations d’intervenir dans la formation des AVS. Cette dernière doit être promue et généralisée pour répondre aux besoins.

 

Action 4 : créer une véritable collaboration entre secteurs médico-social et scolaire

Aujourd’hui • La coopération entre les deux secteurs est quasi inexistante. Les enfants handicapés mentaux doivent pouvoir bénéficier d’une éducation adaptée à leurs handicaps. Une scolarisation dans l’école de la République, dans un établissement médico-social ou en temps partagé entre ces deux modes de scolarisation doit être possible. Si des coopérations sont observées sur le terrain, elles émanent d’initiatives particulières et non de choix institutionnels.

Demain • Une véritable collaboration doit être actée par un décret d’application de la loi de 2005, toujours en attente.

 

Action 5 : garantir le respect du droit pour tout enfant handicapé

L’Unapei depuis 5 ans soutient des actions en justice menées par des familles dont l’enfant handicapé a été privé de solution éducative faute de places disponibles. Le Conseil d’Etat devra se prononcer afin que la justice soit respectée par tous et partout.

Aujourd’hui • Lorsque le droit à l’éducation, n’est pas respecté pour un enfant handicapé, la justice a des réponses divergentes sur la responsabilité de l’Etat.

Demain • Le Conseil d’Etat doit se prononcer afin que la justice soit respectée. Un enfant handicapé, que ce soit en établissement médico-social ou à l’école, doit pouvoir être scolarisé en fonction de l’orientation dont il bénéficie. L’Etat ne peut se dédouaner de cette obligation en prétextant un manque de moyens.


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