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L’idée qu’une personne handicapée puisse bénéficier d’un droit à la compensation des conséquences du handicap est ancienne, mais elle n’a été mise en exergue qu’à la suite de “ l’affaire Perruche ” qui a suscité un vif débat médiatique.
Si le législateur a mis un coup d’arrêt à la
jurisprudence de la Cour de Cassation permettant à une personne
handicapée de se prévaloir du préjudice d’être né handicapé, il a
précisé que les personnes handicapées avaient droit à la
compensation des conséquences du handicap, droit relevant de la
solidarité nationale. Toutefois, jusqu’à présent, ce droit n’avait
pas trouvé de concrétisation ni même une définition. La loi qui
vient d’être adoptée comble cette lacune. Le droit à compensation
consiste ainsi à apporter une réponse à une large variété de
besoins des personnes handicapées : places dans des établissements
spécialisés, insertion en milieu ordinaire, aides spécifiques
financières ou en nature telles que des aides humaines. Pour sa
mise en œuvre, la loi crée une prestation de compensation (voir
encadré) ouverte à toute personne handicapée à partir de 20 ans et
jusqu’à 60 ans. Les personnes âgées de plus de 60 ans pourront en
bénéficier si elles étaient handicapées avant l’âge de 60 ans. Dans
un délai de 5 ans, il n’y aura plus de restriction liée à l’âge.
Par ailleurs, cette prestation, qui se substitue à l’allocation
compensatrice, est ouverte, a priori, à davantage de personnes
handicapées, puisqu’il n’est pas fait référence à un taux
d’incapacité mais à un « handicap répondant à des critères prenant
en compte, notamment, la nature et l’importance des besoins de
compensation ». Il faudra donc attendre la parution d’un décret
d’application pour en mesurer l’impact. En attendant ce décret, les
personnes ayant un taux d’incapacité au moins égal à 80 % pourront
bientôt en bénéficier. La prestation de compensation sera accordée
par la Commission des droits et de l’autonomie des personnes
handicapées. Elle se subsituera aux CDES et COTOREP. Elle permettra
de couvrir des besoins spécifiques tels que des aides humaines
(auxiliaires de vie, aides médicales...), des aides techniques
(fauteuil, lit médicalisé...), des aides pour l’aménagement du
logement ou du véhicule ou encore celles relatives à l’acquisition
ou à l’entretien de produits liés au handicap, par exemple, les
couches... Des textes définiront les tarifs maximums de ces aides
ainsi que les taux de prise en charge, un peu comme en matière de
remboursement de frais médicaux (consultations, médicaments...). En
principe, et c’est là une déception, la personne handicapée sera
amenée à participer au financement de sa prestation dans la limite
de 10 % de ses ressources nettes d’impôt. En revanche, il est
expressément prévu qu’elle ne fera l’objet d’aucune récupération de
son vivant ou lors de son décès, à la différence de l’actuelle
allocation compensatrice.
la prestation de compensation couvre certaines
dépenses...
-
Aides
humaines (y compris celles apportées par les aidants
familiaux).
C’est l’une des composantes les plus importantes pour les
personnes handicapées mentales et qui existait déjà dans le cadre,
certes limité, de l’allocation compensatrice pour tierce personne.
En effet, cette aide sera " accordée à toute
personne handicapée, soit lorsque son état
nécessite l’aide effective d’une tierce personne pour les actes
essentiels de l’existence ou requiert une surveillance régulière,
soit lorsque l’exercice d’une activité professionnelle ou d’une
fonction élective lui impose des frais supplémentaires ". Le
montant attribué au titre des aides humaines sera évalué en nombre
d’heures nécessaires en tenant compte du coût réel de la
rémunération des aides humaines. Les aides apportées par la famille
sont prises en compte. La loi prévoit, outre la
possibilité de les dédommager, celle de les salarier.
-
Aides techniques.
Il s’agit, notamment, mais pas exclusivement, des frais laissés
à la charge des personnes handicapées par la Sécurité sociale. Si
dans le champ du handicap mental, le recours à de telles aides est
moins fréquent, le développement des nouvelles technologies
(B.A.Bar, communication aidée...) devrait pouvoir être pris en
compte.
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Aménagement du logement et du véhicule de la personne
handicapée, ainsi que d’éventuels surcoûts résultant de son
transport.
Outre les classiques aménagements du logement ou du
véhicule, les surcoûts du transport
sont pris en compte. Les frais de transport vers
un établissement ou un service social ou médico-social qui ne sont
pas pris en compte dans les budgets des établissements ou ne sont
pas remboursés par la Sécurité sociale devraient pouvoir être
financés par ce volet de la prestation.
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Aides spécifiques ou exceptionnelles, comme celles relatives à
l’acquisition ou l’entretien de produits liés au handicap.
Il s’agit d’une catégorie mal définie et qui, curieusement, n’a
pas fait l’objet de discussions au Parlement. Nul doute que, par
exemple, les couches entrent dans cette catégorie.
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Aides liées à l’attribution et à l’entretien des aides
animalières.
Une condition est posée pour ces aides qui concernent plus
particulièrement les personnes déficientes visuelles : le chien
doit avoir été " éduqué dans une structure labellisée par des
éducateurs qualifiés selon des conditions définies par décret "
(sic).
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